Marche du Tro Breiz à Nozay

Sortie à Nozay avec la Fraternité du Tro Breiz St Donatien & St Rogatien le dimanche 26 avril 2026.

Lors de cette belle journée printanière, Nozay présente un visage riant avec une nature en fleurs et le chant des oiseaux à une quarantaine de marcheurs de la Fraternité Tro Breiz venant de tout le département qui découvrent un échantillon du patrimoine religieux, civil et naturel le long de coulées vertes menant à la chapelle de Limerdin.

Pour commencer, le père André célèbre la messe et dit « Demat » aux marcheurs de la Fraternité du Tro Breiz. Le chant « Da feiz hon Tadou kozh » dirigé par Marie-Thérèse et accompagné par Pierre à l’orgue retentit sous les voûtes de l’église néo-romane Saint-Pierre-aux-liens consacrée en 1869. Saint Pierre est représenté avec ses chaînes au début de la nef, à côté de Saint Paul qui porte une épée.

A la belle maison paroissiale, le pique-nique chaleureux ravive les forces des marcheurs avec un temps de partage des histoires des participants. Plusieurs sont des habitués des marches du Tro Breiz qui fait le tour de la Bretagne la dernière semaine de juillet comme en 2025 quand 600 marcheurs sont allés de Nantes à Vannes. Une forte délégation de Châteaubriant évoque le Tro- Mée, une marche de quatre jours à la mi-août qui ira en 2026 de Langon (35) à Chateaubriant. Certains ont aussi marché à Compostelle ou encore sur le chemin de Saint Martin.

De retour à l’église, Geneviève présente les vitraux réalisés en 1951 par Yves Dehais, maître verrier nantais qui a toujours privilégié la recherche du beau, l’harmonie des couleurs et les exigences d’un art qui s’inscrit dans une architecture. Dans les bas-côtés, douze vitraux présentent des thèmes déclinés en une superposition de 3 tableaux : en haut l’ancien testament, au milieu le nouveau testament et en bas une situation plus récente. Les six premiers vitraux sont centrés sur les Béatitudes et les six derniers sur les sacrements de l’église catholique. Le premier vitrail aborde la persécution. Dans le haut, Daniel, dans la fosse aux lions, a les bras ouverts, ne se défendant pas face aux lions. Il semble accepter son destin et s’en remet à Dieu. Au milieu, Marie et Saint Jean entourent le Christ sur la croix. Dans le tableau du bas, le bienheureux Noël Pinot monte à l’échafaud en tenue sacerdotale, rouge comme la couleur du martyre. Noël Pinot est le premier des prêtres réfractaires à être identifié et guillotiné pendant la révolution… Les autres Béatitudes présentées sont : les coeurs purs, les miséricordieux, ceux qui pleurent, les doux et les pauvres. Les sacrements sur les vitraux sont la confirmation, le mariage, les malades, le pardon, la communion et l’ordination. Voir la présentation de l’ensemble des vitraux sur le site de la commune de Nozay.

Dans le transept sud, une belle piéta attire notre attention. La statue de Notre-Dame-de-Pitié, à l’expression émouvante, est en bois polychrome, d’un seul tenant, bien qu’elle mesure près d’un mètre de haut. Le Christ a été déposé sur ses genoux, après la descente de la croix. Elle élève le regard et les mains en un geste d’offrande. Elle fut d’abord installée à la chapelle de Beaulieu en Nozay. Lorsque cette chapelle fut démolie en 1837, la statue fut reléguée au coin d’un champ. Jules Rieffel l’acquit et la plaça dans la chapelle de Limerdin. Elle fut ensuite donnée à la paroisse qui la restaura et l’a placée dans l’église, une copie est conservée à la chapelle de Limerdin. La statue est inscrite aux monuments historiques.

Au départ de la marche de 10 km, la croix de l’Ebaupin arrête déjà le groupe pour évoquer les 43 croix en schiste dispersées sur la commune. Celle-ci doit son nom à l’aubépine qui forme un écrin derrière elle. Dans le jardin public, un cadran solaire interpelle par sa disposition horizontale, à côté des petits étangs, ponton et lavoir disposés par Paul de Lavenne, comte de Choulot, paysagiste du 19ème quand le jardin public faisait encore partie du domaine du château de la Touche. Conformément à ces préceptes, il y allia espace arboré avec arbres locaux, prairie, zone de culture et arbres d’ornement.

Brigitte nous parle des jardins partagés qui fêtent leur dixième anniversaire, avec la location d’une vingtaine de parcelles mises en potager dans un esprit de partage des savoirs horticoles.

Le groupe s’arrête un instant à la fontaine Saint-Pierre, et au lavoir accolé qui témoigne de la vie des ménagères d’autrefois, avant d’entrer dans l’ancienne église désacralisée en 1870. Daniel et Annick de l’Asphan commentent les peintures murales découvertes sous des couches de chaux et qui lui ont valu d’être classée Monument historique. Des analyses dendrochronologies en cours permettront bientôt de préciser certains pans de l’histoire de la construction de cette église qui a commencé au 12ème siècle.

En reprenant leur élan, les marcheurs découvrent le jardin du manoir Renaissance de la Naulière sous la bienveillance des statues de Sainte Anne. L’entrée principale ayant changé de côté au 19ème siècle, la tour ronde construite pour être initialement à l’arrière du bâtiment est toute heureuse de s’offrir à nos regards à l’avant.
Longeant les haies en dérangeant la sieste de lapins, les marcheurs peuvent voir le Mont Blanc au loin ! C’est le nom parfois donné au Terril d’Abbaretz qui du haut de ses 121 mètres est le sommet le plus élevé du département. La mine de cassitérite exploitée entre 1950 et 1960 a laissé un trou profond de 60 m aujourd’hui rempli d’eau et un terril blanc à côté.

La minoterie Bourseau se dresse bientôt devant nous. Vincent nous parle de sa famille de meuniers de père en fils depuis cinq générations. Soixante personnes font fonctionner aujourd’hui le moulin à eau et à l’électricité en misant sur la qualité durable et l’innovation à partir des blés produits à moins de 200 km à la ronde pour approvisionner principalement le grand ouest, mais aussi des marchés de niche en Extrême-Orient.

Sur le haut du village des Mernais, le chemin passe à côté de trous d’eau qui semblent être des invitations à la baignade aujourd’hui, mais qui sont en réalité d’anciennes carrières inondées de la pierre bleue de Nozay. Ce schiste était utilisé pour la construction locale des maisons, des palis (clôtures en pierre), des croix, des timbres (abreuvoirs), des poteaux du vignoble et des champs ostréicoles. Son extraction occupait encore plusieurs centaines de carriers en début du 20ème siècle. Aujourd’hui, la production de la dernière carrière encore en activité trouve principalement des débouchés en Belgique, friande de ces belles pierres bleutées.
A la sortie du village, la croix des Mernais est un bel exemple de la pierre bleue avec un fut haut de de 2,80 m et l’insertion d’une niche sous le croisillon abritant une statue de la vierge. C’est un lieu propice au chapelet de la Fraternité du Tro Breiz. Tout en priant, les marcheurs continuent de cheminer au milieu des chevaux à gauche, des chèvres à droite, avec en fond le manoir de l’Aurière et sa tour carrée. Nous croisons l’ancienne voie de chemin de fer qui est aujourd’hui empruntée par les randonneurs, les vélos et quelques véhicules de riverains.

Une surélévation du terrain est dominée par la chapelle de Limerdin vers laquelle les regards montent maintenant. On y venait implorer Notre Dame de la Miséricorde, soit en procession annuelle pour les Rogations (protection des biens de la terre), soit individuellement pour demander la guérison d’un enfant (spécialement ceux qui ne marchaient pas), ou comme ces femmes qui au début de la guerre, vinrent y prier pour la protection du pays. Construite en 1841 pour l’inhumation des enfants de Jules Rieffel décédés en bas âge, elle fut agrandie pour s’ouvrir aux riverains. La chapelle est toujours sacralisée.
Sur le chemin de retour, le groupe s’arrête à Rieffeland, la maison construite par Jules Rieffel en 1850. La pierre du pays a été abandonnée au profit du tuffeau. Pierre en profite pour nous expliquer l’histoire de l’école d’agriculture fondée par cet ingénieur agronome alsacien, et qui a déménagé quelques temps plus tard à Rennes pour devenir aujourd’hui l’Institut Agro. Dans le parc, à côté des magnifiques séquoias, un pin laricio de Corse se laisse admirer par les connaisseurs. Il mesure 8 mètres de circonférence à un mètre du sol pour une hauteur de 30 mètres C’est, sans doute, le plus beau pin de Corse de Loire-Atlantique ! Il aurait donc plus de 185 ans ! D’après André Guéry, président de la Société nantaise des dahlias et des plantes, lors de sa visite des arbres remarquables de Nozay, le 19 septembre 2015.

Après d’autres chemins creux, nous longeons la propriété de la famille De Grandmaison construite aussi à la fin du 19ème et arrivons sur la voie romaine sur laquelle Jules César passa pour aller de Nantes à Rennes rendre visite à son ami Astérix !

Si plusieurs entreprises de charcuterie et de bois font vivre ici beaucoup de familles des environs, les animations sur le grand étang, comme le téléski, sont aujourd’hui un grand point d’attraction touristique du Nord-Loire. Devant nous, des surfeurs tentent des acrobaties et tombent parfois dans l’eau pour nous amuser.

En franchissant les murs du parc de la Touche, le calme revient. Le groupe s’arrête devant l’oratoire de la Vierge, dit la « grotte » de style néo-gothique construit en 1867 avec son environnement d’arbres de collections : séquoias, rhododendrons… Entre des tapis de fleurs bleues à clochettes, le groupe remonte l’allée principale sous la protection de l’oratoire de Sainte Anne, en bois. Le château de La Touche, reconstruit en 1827, domine les environs. Le groupe traverse la cour avec ses communs des 16ème et 17ème siècles Inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et enfin rejoint le point de départ, fatigué, mais sans trop de perte en route !

Un dernier goûter est l’occasion d’un partage de rafraîchissements et de gâteaux.

Merci à tous pour votre participation

François

Un grand merci à : Père Jérôme et Père André, la mairie de Nozay, l’Asphan Association de Sauvegarde du Patrimoine Historique et Artistique de la région de Nozay, Pépites44, Marie-Thérèse Lorre, Geneviève Rétif, Raphaël Leray, Gilles Provost, Brigitte et Vincent Bourseau, Daniel et Annick Nouvel, Eric et Christine Brun, Pierre Roblin, Louis De Grandmaison, Jean-Paul Chenuet, Yannick et Christine De Maquillé, et Martine Kammerer

En savoir plus :
L’église Saint-Pierre-aux-Liens et ses vitraux : https://www.nozay44.com/eglise-st-pierre-aux-liens.html
La chapelle de Limerdin https://www.nozay44.fr/la-chapelle-de-limerdin/
Les croix de Nozay https://www.asphan.fr/les-croix-et-les-calvaires-de-pierre-bleue/
L’église du Vieux Bourg https://www.nozay44.fr/leglise-saint-pierre-aux-liens-du-vieux-bourg/
La pierre bleue de Nozay https://www.nozay44.com/pierre-bleue.html
Jules Riefel https://www.nozay44.com/jules-rieffel.html
Les arbres remarquables de Nozay https://www.asphan.fr/arbres-remarquables/
La carte du circuit https://www.nozay44.com/marche-limerdin.html (Les passages par les propriétés privées ne sont pas mentionnés sur cette carte)

  • Première rencontre
  • Se former
  • Offrir une messe
  • Accompagnement spirituel
  • Le pardon
  • Trouver un lieu d’adoration
  • Le diocèse en pélerinage à Lourdes
  • Nous rejoindre
  • Découvrir le diocèse
  • L’évêque et ses collaborateurs
  • Les paroisses
  • Les communautés religieuses
  • Les mouvements et associations
  • Les archives
  • L’annuaire du diocèse
  • Protection des mineurs
  • Actes officiels
  • Demander Le Mariage
  • Pèlerinage
  • Exorcisme
  • Certificat de baptême
  • Obsèques – Funérailles
  • Demander Le Baptême