Place des pauvres et piété populaire

Les lundi 4 et mardi 5 mai 2026, le père François Odinet, prêtre du diocèse du Havre, enseignant en théologie aux Facultés Loyola à Paris et aumônier national du Secours catholique était en Loire-Atlantique pour deux journées d’échanges et de réflexion sur des sujets qu’il étudie et met en œuvre depuis plusieurs années : la place des pauvres dans la vie de l’Eglise et la piété populaire au risque de la dimension communautaire de nos paroisses.
Lundi matin, avec les acteurs de la diaconie du diocèse (dont l’équipe départementale du Secours catholique) il a mis en valeur l’encyclique Dilexi Te, pour inviter à goûter « la sagesse des pauvres, des personnes dans la précarité -qui ne signifie pas que ce qu’ils vivent n’est pas une tragédie et une profonde injustice – mais qui met en lumière, par ce qu’elles vivent, une certaine expérience du monde, des relations humaines, de l’Eglise et de la relation à Dieu. » le père Odinet rappelant que dans la Bible les plus pauvres tiennent une place importante (dans les psaumes, dans les rencontres de Jésus, dans les écrits des prophètes…) et ces textes éclairent les paroles des personnes qui connaissent aujourd’hui la précarité.
l’encyclique Dilexi Te : goûter la sagesse des pauvres
Il a indiqué que l’encyclique Dilexi Te, écrit à quatre mains par le Pape François puis le pape Léon XIV, résume la manière dont, depuis de nombreuses années, l’Eglise dit que l’engagement avec les plus pauvres est centrale pour elle, qu’il définit l’Eglise. Ce texte est une invitation à relire notre vie en Eglise pour nous demander, dans toutes nos communautés, où sont les plus pauvres et comment est-ce que nous cheminons avec eux.
Mardi, près de 180 acteurs pastoraux (prêtres, diacres et laïcs en mission ecclésiale) se sont retrouvés au Calvaire de Pontchâteau pour leur journée annuelle de formation animée par le Père François Odinet sur « la piété populaire ». En trois temps denses, le théologien a invité son auditoire à changer de regard sur ces dévotions parfois reçues avec une condescendance polie.
Pemier temps : La définition.
Reprenant le Directoire romain « pour la piété populaire et la liturgie », l’orateur récuse l’étiquette de « piété des simples ». Ce n’est pas la personne qui est simple, c’est la démarche, plus directe que nos parcours sacramentels. Deux paradigmes l’éclairent : la fête et la crise, trois médiations la portent : les lieux, les personnages et les pratiques. Et un retournement théologal : l’espérance y précède la foi.
Loin d’être une foi « au rabais », la piété populaire, notamment chez les plus précaires, déploie trois piliers.
À l’image de Pierre rejoignant Corneille, l’Esprit précède toujours l’envoyé. Encourager n’est ni flatter ni absoudre : c’est ne pas désespérer des personnes. Le Père Odinet invite à une diaconie de la confiance, la « foi élémentaire » de Christophe Théobald, à la fréquentation patiente des Écritures, au discernement face à l’instrumentalisation identitaire qui se distingue de la Tradition vivante, et à une réappropriation du Livre des bénédictions. La liturgie, elle, gagne à célébrer le salut « aujourd’hui » donné.
- Le père François Odinet est l’invité du magazine diocésain « Vie fraternelle et solidaire », ce jeudi 7 mai, à 14h30 sur Radio Fidélité (rediffusion ven à 19h, sam 8h et 19h, dim 11h).


